Première partie, vers 21h moins le quart: Eon Megahertz ou "Aimez-moi, je vous déteste"
Si les musiques étaient pas mal du tout et m'ont bien plues, pitié que quelqu'un claque le chanteur. Non qu'il chantait mal, non non, mais les "fuck you" toutes les deux phrases et les postures genre "je suis trop un rockeur, j'ai trop le staaaaïÏÏÏleuh et je vous emmerde tous" ça va cinq minutes. Rectification : ça va pas tout court.
Mais bon, ça restait quand même pas mal. Mention spéciale au bassiste et au batteur !
Et puis vers 22h moins le quart, les lumières s'éteignent à nouveau et tout le monde hurle. Quatre bonhommes surgissent alors des coulisses. Quatre papys dont un qui sautille partout et qui sourie : Iggy Pop !
Evidemment torse-nu, sinon ce ne serait plus notre iguane international.
Première constatation: Iggy Pop est fou. Fou à lier. (Mais il est génial , alors quelle importance ?)
Deuxième constatation: Iggy Pop boite. En fait sa posture habituelle n'est pas un effet de style, il a juste une jambe bien plus courte que l'autre et une épaule complètement disloquée. Cela dit, ça ne l'a pas empêché de grimper sur une enceinte bien plus haute que lui (même s'il n'y arrivait pas au début mdrrr), de sauter, de se jeter dans la foule, par terre, de balancer le pied de micro tout le temps et de hurler.
Pas mal pour quelqu'un qui a 61 ans.
En tous cas, il y en a qui ont dû profiter moyennement de la soirée: ceux qui faisaient la surveillance. Mr Pop était bien difficile à gérer, surtout qu'à un moment donné (sur "No fun" en fait), il a invité tout le monde à venir danser et crier, bref s'éclater sur scène avec lui. Le chanteur de la première partie en a profité pour venir montrer son cul d'ailleurs. Mais tout ça s'est passé sans incident (enfin, si on fait abstraction du mec drogué qui a fini par se faire cogner par la surveillance et éjecter de la salle, et des quelques fauteils un peu abîmés d'après Nice-matin).
C'était génial de voir tous ces gens de 16, 20, 30, 40 et 50 ans s'éclater comme ça, danser comme des fous et se bousculer pour avoir le privilège de toucher le chanteur. J'ai essayé de filmer la scène et voilà ce que ça donne: clic C'est dommage , j'ai pas réussi à avoir les gars qui ont jeté leur tee shirt et ont glissé à genoux sur la scène, ni cet homme pas très jeune qui dansait près du bassiste ! Tant pis !
Même s'il est taré, Iggy Pop est un doux dingue, qui contrairement à l'autre trou du cul d'Eon Megahertz ne se prend pas du tout au sérieux et montre que, quarante ans après ses débuts, il est toujours heureux et surpris de jouer devant tant de monde. C'est vrai qu'il est revenu de loin le monsieur. De la petite bande d'inséparables qu'il constituait avec David Bowie et Lou Reed, c'est lui qui a le plus gravement sombré dans la drogue. Sa carrière n'a donc jamais eu l'ampleur des deux autres, même si tous les rockeurs, et particulièrement les punks revendiquent la filiation spirituelle.
Il n'arrêtait pas d'adresser de grands signes de la main et des sourires à tout le monde, il s'approchait de la fosse pour serrer la main à tous, bref , on peut en dire ce qu'on veut, il est pas méchant pour un sou.
Quand on regarde des extraits de concert des Rolling Stones, on se dit que l'énergie que dépense Mick Jagger est impressionante. Sans aucun doute, mais ça n'a rien à voir avec le show que nous offre l'Iggy ! IN-CRO-YABLE ! Drogué ou plus drogué ? Hmm là n'est pas la question ! On s'en fiche complètement en fait, car ce que j'ai vu hier soir, je ne l'avais jamais vu nulle part.
Le plus ahurissant, c'était le public. Des fans hystériques, j'en ai vu, j'en ai vu beaucoup. Mais à ce point-LÀ !
Jamais. Les ados, les quadras et les 50 ans et plus étaient en transe. Il y avait cet homme pas loin de moi qui devait avoir ...oh disons 54 ans, bien habillé , l'air calme, qui pendant le concert était comme un fou, et il n'était pas le seul !
Et les rappels ! On peut même pas l'imaginer, c'était de la folie pure.
Bref, je suis très très très très très très heureuse d'avoir pu assister à ça.
Et même si ce matin, j'ai encore les oreilles qui sifflent et la gorge qui brûle : ça en valait la peine, merde !
Vidéo: "I wanna be your dog". What else ?
Un petit extrait de Raw power ici
Un autre (ben oui il m'en fallait bien un avec le pied de micro qui dégage puisqu'il n'arrêtait pas de l'envoyer en l'air) là
Celle-là je crois bien que c'est au tout début du concert mais je ne suis plus sûre Et je suis un peu dégoûtée parce que la batterie de mon portable (cette traîtresse) m'a lâchée sur "Search and Destroy", ma préférée. Mais bon, on s'en remettra.
